Intervention lors du conseil du 17/12/2020

Pour celles et ceux qui n’ont pas vu la vidéo, voici le texte de l’intervention de G.Kerjean au nom de la minorité municipale.

N’hésitez pas à commenter, partager…

Mesdames et messieurs les citoyens de Guilers, mesdames et messieurs les conseillers municipaux, monsieur le maire,

Comme le soulignait M. Jacopin au dernier conseil, il y a aujourd’hui plus de six mois le conseil municipal s’installait. Et ce début de mandat se fait dans une situation sanitaire exécrable. Elle affecte notre quotidien, elle affecte nos relations sociales, elle affecte peut-être notre jugement.

Je me souviens de nos premiers entretiens téléphoniques, M. le maire, cordiaux. Nous étions prêts à travailler avec vous. Méfiant vous étiez cependant ! Dès le discours d’installation, nous émettions le vœu de pouvoir travailler avec vous en harmonie, sans défiance, dans un dynamisme collectif. Espérant que vous entendriez la voix des 48 % d’électeurs qui se sont déplacés et qui ont voté en notre faveur.Nul besoin d’expliquer, de réexpliquer, nul besoin d’user d’un ton condescendant, nous savions la difficulté de rendre audible la voix d’une minorité, même confortée par ses soutiens, auprès d’une majorité installée depuis plus de deux mandats, auprès d’une majorité sûre de sa force, auprès d’une majorité persuadée d’être sur le bon chemin, auprès d’une majorité qui ne voit pas ou ne veut pas voir les changements en cours.

Oui, le CGCT (code général des collectivités territoriales) régit le fonctionnement de la commune.

Oui, le CGCT est une lourdeur qui ordonne plus de deux cents ans de lois.

Cependant, il est permis d’observer ce qui se fait ailleurs, de se poser des questions sur sa propre pratique. Il n’est pas interdit d’écouter les citoyens et d’entendre le besoin de renouveau.

De plus, comme vous le faites, l’utilisation des réseaux sociaux pour informer les citoyens est une bonne initiative. Néanmoins, la mise en place de commissions thématiques ou l’utilisation de médias plus formels pour communiquer sur les affaires de la commune vers les élus de la minorité ne sont pas interdites par le CGCT. On peut même penser qu’une volonté démocratique de transparence les encouragerait.

Et c’est vrai que nous sommes pénibles régulièrement, je dois l’admettre. En effet, nous posons des questions pendant les conseils municipaux ! Nous nous intéressons aux sujets que nous découvrons souvent au dernier moment. Nous tâchons de faire preuve de curiosité intellectuelle. Nous tâchons de représenter nos électeurs. Nous souhaitons faire vivre la démocratie !Mais finalement, nous nous débattons faute de pouvoir débattre.Laissez-moi maintenant m’essayer au ton condescendant !Au dernier conseil donc, l’un de vos délégués concluant son propos affirme que « les guilériens ont choisi l’efficacité et le bon sens. » Enfin ! Vous n’êtes pas sans savoir que le bon sens est la chose au monde la mieux partagée, Descartes vous l’a enseigné. Le bon sens est davantage une affaire de point de vue. Point de vue qui s’éclaire d’ailleurs lorsqu’on enlève les œillères.

Quant à l’efficacité, elle dépend de l’objectif visé. Si vous désirez traiter les dossiers le plus rapidement, vous choisissez la précipitation et vous œuvrez au sein d’un groupe restreint. Si vous souhaitez traiter les dossiers de manière durable, vous choisissez le temps de la concertation et vous mobilisez par exemple les ressources citoyennes, comme nous l’aurions fait.

Je me permets donc de vous proposer une reformulation de votre conclusion : « Les guilériens vont subir pendant encore six ans une vision restreinte conjuguée avec une exécution à la va-vite. »

D’un de vos adjoints, ensuite, j’entends : attaques permanentes et agressivité, nous désignant nous élus de la minorité.

Amnésie peut-être ? Je vous rappelle que, lors de la commission du mois de novembre, j’ai dû hausser le ton et m’octroyer quelques instants le rôle d’un président de séance pour calmer l’agressivité et la suffisance dont usait votre groupe majoritaire.Manipulations très certainement ! Premier conseil municipal filmé, enfin ! Premières fois que les interventions de votre groupe paraissent préparées !

Enfantillages en tout cas ! Ce petit jeu est nauséabond et insupportable aux yeux des citoyens.Le jeu de la rhétorique donc, lorsque vous, M. le maire, répondez à nos questions en en dévitalisant l’essence.

Le jeu de la rhétorique évidemment parce qu’il est plus facile d’esquiver une question pertinente que d’accepter le débat.

Favoriser le débat, n’est donc pas essentiel. Mais paraître conciliant aux yeux des téléspectateurs, est-ce essentiel ?

Développer un environnement durable, n’est donc pas essentiel.Mais densifier à outrance le bourg de Guilers, est-ce essentiel ?

Tenir compte des avis contradictoires, n’est donc pas essentiel.Mais témoigner d’une autosatisfaction, est-ce essentiel ?

D’ailleurs, je ne crois pas me tromper en affirmant que le conseil municipal se félicite de votre changement de posture. En effet, pendant cette instance filmée du mois de novembre, vous avez laissé transparaître une certaine sérénité, donnant l’impression d’un apaisement. Nous espérons que cela perdure, que cela devienne votre habitude.

Monsieur le maire, mesdames et messieurs les conseillers municipaux, Moi le premier, j’en conviens et je viens de l’illustrer : j’ai pris plaisir à rédiger cette réponse. Mais…

Nous nous laissons aller à notre instinct grégaire : majorité contre minorité. Nous nous laissons aller à flatter nos égos par des logorrhées ou des joutes verbales.Ces futilités nous détournent de l’enjeu majeur des prochaines années, du seul enjeu diront certains.

A des degrés divers certes, mais nous en prenons tous conscience, l’enjeu majeur des prochaines années est celui de l’environnement.Et la question est complexe ! Elle doit s’intéresser aux modes de déplacements, de production et de consommation. Elle implique d’étudier les sources d’énergie et les pollutions de l’air, de la mer, de la terre.De plus, la réflexion doit être menée aux différents échelons : individuel, local, national, mondial…

Oui, nous entendons vos préoccupations : « L’offre et la demande », « trop cher », « pas rentable », mais le fait économique ne peut plus être le seul critère.

Non, nous ne pouvons plus entendre, je cite : « Les adjoints, les services y travaillent, lorsque les projets seront prêts, nous vous les présenterons. » Nous pensons qu’une mise en perspective par la multiplication des points de vue est nécessaire.

Sur Guilers, la vie associative est riche, les acteurs sont présents, les citoyens sont impliqués. Ensemble donc, mobilisons nos ressources pour relever ces défis.

Mesdames et messieurs les citoyens de Guilers, permettez-moi de formuler un vœu !Alors que la crise sanitaire rebondit sans tout-à-fait s’atténuer, alors que nos libertés en sont affectées, alors que les fêtes de cette fin d’année garderont une saveur particulière :Ne perdons pas de vue les enjeux d’avenir !Participons tous à cette prise de conscience !Mobilisons-nous avec force et confiance,Ensemble, pour le futur que nous voulons bâtir.

Merci de m’avoir écouté.

1+

Laisser un commentaire